Copyleft

Le Copyleft (jeu de mots sur Copyright) est une pratique qui consiste à utiliser le droit d’auteur pour garantir que l’œuvre restera libre à jamais, ainsi que toutes ses versions modifiées.

  • Le principe de base : « Vous êtes libre d’utiliser, de modifier et de distribuer ce logiciel, à condition que vos modifications soient distribuées sous la même licence. »
  • L’effet « Viral » : Si vous intégrez du code sous licence Copyleft dans votre propre logiciel, l’ensemble de votre projet doit généralement devenir « libre » à son tour.
  • L’objectif : Empêcher qu’un développeur ne prenne un code gratuit, l’améliore, puis le revende sous une forme fermée (propriétaire).

1. La mention obligatoire (le contrat)

Lorsqu’un développeur publie un code sous licence Copyleft (comme la GPL ou l’AGPL), chaque fichier contient une en-tête indiquant que le code est protégé.

  • Concrètement : Vous ne pouvez pas simplement supprimer ces lignes. Si vous redistribuez le logiciel, vous devez inclure le texte intégral de la licence et les crédits originaux.

2. L’accès au Code Source (le « Capot ouvert »)

Le Copyleft impose que l’utilisateur final ait accès aux « plans de fabrication ».

  • Concrètement : Si vous vendez ou donnez un logiciel Copyleft, vous ne pouvez pas fournir uniquement le fichier exécutable (.exe). Vous devez soit fournir le code source avec, soit donner une offre écrite (valable plusieurs années) permettant de le récupérer gratuitement.

3. La règle du « Pareil au même » (l’effet viral)

C’est le point le plus puissant. Si vous modifiez un logiciel Copyleft, vos modifications héritent automatiquement de la licence originale.

  • Concrètement : Imaginez que vous preniez le code d’un outil de téléchargement (Copyleft) et que vous y ajoutiez une fonctionnalité géniale de reconnaissance faciale.
    • Si vous diffusez votre version, vous n’avez pas le droit de garder votre ajout secret.
    • Votre nouvelle fonctionnalité devient elle aussi « Copyleft ». Vous ne pouvez pas en faire un logiciel privé et payant.

4. La concrétisation en cas de litige

Si une entreprise utilise du code Copyleft sans respecter l’obligation de partage, cela se termine souvent au tribunal.

  • Concrètement : Des organisations comme la Free Software Foundation (FSF) ou la Software Freedom Conservancy attaquent les entreprises qui cachent le code source qu’elles devraient partager. La sanction est simple : soit l’entreprise publie son code source, soit elle perd le droit d’utiliser le logiciel (et peut être condamnée pour contrefaçon).

5. Exemples concrets dans votre quotidien

Le Copyleft a façonné la technologie actuelle :

Internet : La plupart des serveurs web utilisent des outils Copyleft. Cela force les entreprises à collaborer sur les infrastructures de base plutôt que de recréer chacune leur propre version fermée.

Android : Le cœur du système (noyau Linux) est Copyleft. C’est pourquoi, même si Samsung ou Google ajoutent leurs couches, ils doivent publier régulièrement les modifications apportées au noyau.

Le Copyleft se concrétise par une chaîne de transmission. Chaque personne qui reçoit le logiciel reçoit également les droits de le modifier, mais a le devoir de transmettre ces mêmes droits à la personne suivante. C’est un cercle vertueux (ou une contrainte, selon le point de vue des entreprises) qui empêche la « privatisation » du savoir informatique.

Alors que le Copyright utilise le droit d’auteur pour restreindre l’usage et la modification d’une œuvre afin d’en protéger la propriété exclusive, le Copyleft utilise ce même droit pour garantir la liberté d’utilisation et de modification, en imposant que ces libertés soient obligatoirement transmises dans toutes les versions dérivées.

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