Les humanités numériques, c’est quand vous utilisez les outils du numérique, ordinateurs, internet, logiciels non pas juste pour faire plus vite, mais pour mieux comprendre, partager et protéger les savoirs humains surtout ceux souvent oubliés ou minorés : les langues locales, les histoires racontées à l’oral, les identités et cultures minoritaires.
C’est aussi une façon de remettre en question les technologies : au lieu de les accepter telles qu’elles sont souvent faites pour les grandes entreprises ou les pays puissants, vous les adaptez, les changez, en créez de nouvelles pour qu’elles servent tout le monde, pas seulement les plus forts.
En résumé : c’est faire du numérique avec du sens, de la justice, et du respect pour toutes les façons de penser et de parler.
Les humanités numériques sont un espace de pratiques critiques, techniques et culturelles où les savoirs humains y compris ceux marginalisés, oraux ou situés dialoguent avec les technologies, non seulement pour les utiliser, mais pour les repenser, les désobéir, et les réinventer en faveur de la justice cognitive, linguistique et épistémique.
Les enjeux
La tentation de l’accaparement des humanités numériques est bien réelle : ce champ, né comme un espace critique et interdisciplinaire, risque d’être réduit à une simple boîte à outils technologique au service :
- des logiques marchandes (éditeurs scientifiques, plateformes propriétaires, géants du numérique),
- des élites académiques qui définissent seules ce qui compte comme « savoir légitime »,
- ou d’une vision universaliste qui efface les spécificités culturelles, linguistiques et épistémiques locales.
Dans ce mouvement, ce qui était au départ un projet d’émancipation, rendre les savoirs accessibles, diversifier les voix, expérimenter de nouvelles formes de transmission devient parfois un instrument de normalisation : on « numérise » sans interroger qui décide, quels formats dominent, ou quels savoirs restent invisibles.
C’est pourquoi il est crucial de repolitiser les humanités numériques : rappeler qu’un outil n’est jamais neutre, qu’une base de données est toujours une construction idéologique.