Définition
FLOSS (Free/Libre and Open Source Software) désigne un logiciel dont le code source est accessible, modifiable et redistribuable librement, sous une licence respectant les critères de liberté définis par la Free Software Foundation et l’Open Source Initiative. Il ne s’agit pas simplement d’un logiciel « gratuit » : c’est un modèle de développement, de distribution et de gouvernance fondé sur la transparence, la collaboration communautaire et la préservation des libertés numériques des utilisateurs.
Termes francophones recommandés : Logiciel Libre et Open Source (LLOS) ou Logiciel Libre à code source ouvert.
Note d’usage : L’acronyme FLOSS est d’usage courant dans la francophonie professionnelle du numérique. FranceTerme recommande l’expression « logiciel libre » pour désigner ce concept. Cette fiche s’appuie sur les référentiels de l’April, de l’UNESCO et des principes du mouvement du logiciel libre.
Finalité
L’usage et la promotion du FLOSS permettent de :
- Garantir la souveraineté numérique : maîtriser les outils utilisés, éviter la dépendance à des éditeurs propriétaires et préserver l’autonomie technique des organisations
- Favoriser l’innovation collaborative : permettre à des communautés distribuées de contribuer, d’améliorer et d’adapter les logiciels selon des besoins communs
- Assurer la transparence et la sécurité : rendre le code inspectable par tous, facilitant l’audit, la détection de vulnérabilités et la confiance dans les systèmes critiques
- Réduire les coûts et les barrières d’accès : éliminer les licences propriétaires onéreuses et permettre l’accès aux outils numériques pour tous, y compris dans les contextes à ressources limitées
- Préserver la pérennité des données et des systèmes : éviter l’obsolescence programmée et garantir l’accès aux formats ouverts et aux codes sources sur le long terme
Composantes techniques et juridiques du FLOSS
| Élément | Description | Pertinence technique / éthique |
|---|---|---|
| Licence libre conforme | Licence respectant les 4 libertés fondamentales : utiliser, étudier, modifier, redistribuer (ex. : GPL, MIT, Apache, CeCILL) | Garantie juridique des libertés, interopérabilité entre projets, protection contre l’appropriation exclusive |
| Accès au code source | Le code est disponible, lisible et modifiable par tout utilisateur, sans restriction technique | Transparence, auditabilité, possibilité d’adaptation aux besoins spécifiques |
| Redistribution libre | Possibilité de partager le logiciel original ou modifié, gratuitement ou contre rémunération | Diffusion large, création de forks, émergence d’écosystèmes dérivés |
| Gouvernance communautaire | Processus de décision ouvert, contribution méritocratique, documentation publique des orientations | Résilience du projet, diversité des contributeurs, prévention de la capture par un acteur unique |
| Formats ouverts et interopérabilité | Utilisation de standards documentés et libres pour les données échangées | Pérennité des données, indépendance vis-à-vis des outils, portabilité entre systèmes |
| Absence de discrimination | La licence ne restreint pas l’usage selon le domaine d’activité, l’utilisateur ou le contexte géographique | Accessibilité universelle, neutralité technologique, inclusion numérique |
| Intégrité du code et paternité | Possibilité d’exiger que les modifications soient distribuées sous la même licence (copyleft) ou de préserver la paternité des auteurs | Protection des contributions, traçabilité des évolutions, respect du travail communautaire |
Cas d’usage stratégiques (niveaux 1 & 2)
Souveraineté numérique des organisations publiques → Une collectivité territoriale migre ses postes de travail vers une suite bureautique FLOSS (LibreOffice) et un système d’exploitation libre (Linux), réduisant sa dépendance aux éditeurs propriétaires et maîtrisant ses coûts de licence sur le long terme. → Une administration publique choisit un CMS FLOSS (WordPress, Drupal) pour ses sites institutionnels, garantissant la réversibilité des contenus, l’auditabilité du code et la conformité aux standards d’accessibilité et de sécurité.
Innovation pédagogique et recherche → Une université utilise et contribue à des outils FLOSS pour l’enseignement (Moodle, Jupyter, R), permettant aux étudiants d’étudier le code, de comprendre les mécanismes sous-jacents et de développer des compétences transférables. → Un laboratoire de recherche publie ses outils d’analyse sous licence libre, facilitant la reproductibilité des études, la collaboration internationale et l’appropriation des méthodes par la communauté scientifique.
Entreprises et écosystèmes professionnels → Une startup construit son produit sur une stack technique FLOSS (PostgreSQL, Node.js, React), réduisant les coûts initiaux, bénéficiant d’une communauté de support et évitant le vendor lock-in. → Un intégrateur propose des services autour d’un logiciel FLOSS (support, personnalisation, formation), créant un modèle économique viable basé sur l’expertise plutôt que sur la vente de licences.
Limites et vigilances à anticiper → Le FLOSS ne garantit pas automatiquement la qualité ou la sécurité : l’absence de support commercial officiel peut nécessiter une expertise interne ou le recours à des prestataires spécialisés. → La diversité des licences peut créer des incompatibilités juridiques : vérifier la compatibilité des licences lors de la combinaison de composants FLOSS dans un projet.
Outils et référentiels (liste publique)
| Outil / Référentiel | Type | Apport principal |
|---|---|---|
| April – Guide du logiciel libre | Association / Gratuit | Ressources pédagogiques, arguments juridiques et techniques pour l’adoption du FLOSS |
| Open Source Initiative – Licences | Organisation internationale / Gratuit | Liste officielle des licences conformes à la définition de l’Open Source, outils de comparaison |
| FranceTerme – « Logiciel libre » | Institutionnel / Gratuit | Terminologie officielle recommandée pour l’usage administratif et éducatif en France |
| UNESCO – Recommandation sur la science ouverte | Institutionnel / Gratuit | Cadre international pour la promotion des logiciels libres dans la recherche et l’éducation |
| SPDX – Software Package Data Exchange | Standard ouvert / Gratuit | Vocabulaire normalisé pour documenter les licences et les dépendances dans les projets logiciels |
| CHAOSS – Metrics pour communautés open source | Initiative communautaire / Gratuit | Indicateurs pour évaluer la santé, la diversité et la durabilité des projets FLOSS |
Voir aussi
- Logiciel libre et mouvement du logiciel libre (Free Software Foundation)
- Licences libres (GPL, MIT, Apache, CeCILL) et compatibilité juridique
- Formats ouverts et interopérabilité des données
- Souveraineté numérique et indépendance technologique
- Innovation ouverte et développement collaboratif
- Accessibilité numérique et inclusion par le logiciel libre
- Économie du FLOSS et modèles de viabilité (support, intégration, formation)