Langue des Signes Française – LSF

La Langue des Signes Française (LSF) est une langue visuo-gestuelle complète et autonome, utilisée par une partie de la communauté sourde en France. Elle possède sa propre grammaire, syntaxe, culture et histoire, et n’est ni du français parlé en signes, ni une pantomime.

Reconnue officiellement en France par la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits, la LSF est une langue à part entière, transmise au sein de la communauté sourde et enseignée dans des structures spécialisées. Elle repose sur :

  • des signes manuels (forme, mouvement, orientation de la main),
  • des expressions faciales (marquant la modalité, l’émotion, la négation),
  • des postures corporelles et un espace de signaison (utilisation de l’espace pour représenter les acteurs, lieux, temps).

Contrairement à une transcription visuelle du français, la LSF a une structure grammaticale radicalement différente (ordre SVO flexible, absence d’articles, marqueurs aspectuels non temporels, etc.).

À noter :

Il existe plusieurs langues des signes dans le monde (ex. : LSA au Canada francophone, ASL aux États-Unis, LSB en Belgique). La LSF est spécifique à la France et à certaines anciennes colonies. Elle n’est pas universelle.

Enjeux numériques et d’accessibilité :

  • Inclusion directe : la LSF ne remplace pas le sous-titrage, mais complète l’accessibilité pour les personnes sourdes utilisatrices natifs ou préférentielles de la langue des signes (souvent celles ayant une surdité pré-linguistique).
  • Obligation légale : la loi exige la LSF dans les programmes audiovisuels publics, les services essentiels et les communications officielles en situation de crise.
  • Représentation culturelle : intégrer la LSF, c’est reconnaître la surdité comme une identité culturelle, et non seulement un handicap médical.
  • Limites techniques : une interprétation en LSF doit être visible, bien cadrée, non recouverte par d’autres éléments (sous-titres, logos). Sur le web, elle nécessite une fenêtre vidéo dédiée (souvent en incrustation fixe, ex. : coin inférieur droit).

Bonnes pratiques d’intégration :

  • Faire appel à un interprète LSF professionnel agréé (plutôt qu’à un locuteur signant amateur).
  • Prévoir un cadrage stable et éclairé, avec fond neutre.
  • Ne pas réduire la fenêtre d’interprétation en mobile : elle doit rester lisible (min. 15 % de la hauteur d’écran).
  • Privilégier une vidéo incrustée plutôt qu’un lien externe (risque de rupture d’expérience).
  • Pour les contenus récurrents (ex. : tutoriels Kabyle.com), envisager une chaîne dédiée en LSF ou des versions alternatives.

Termes associés

  • Accessibilité audiovisuelle
  • Sous-titrage pour sourds et malentendants (STM)
  • Interprète LSF
  • Communauté sourde
  • WCAG 2.1 – Critère 1.2.6 (interprétation en langue des signes)
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