Le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (CIANum) est une commission consultative indépendante placée auprès du ministre chargé du Numérique et de l’Intelligence artificielle . Il a pour mission d’étudier toute question relative au développement du numérique et de l’intelligence artificielle ainsi que leur impact sur la société, l’économie et les territoires . Instance de réflexion et de proposition, il éclaire les pouvoirs publics et nourrit le débat public sur les enjeux de la transition numérique .
Origine et transformation
Le CIANum est l’héritier du Conseil national du numérique (CNNum), créé en 2011 pour éclairer le gouvernement et participer au débat public dans le domaine du numérique. Face à l’essor rapide de l’intelligence artificielle et aux enjeux géopolitiques qu’elle soulève, l’instance a été transformée en 2025 pour intégrer plus spécifiquement les défis liés à l’IA. Le décret du 4 septembre 2025 a officialisé cette refonte, et les nouveaux membres ont été nommés par arrêté du 8 septembre 2025.
Composition et fonctionnement
Co-présidence : le CIANum est dirigé par deux co-présidents : Anne Bouverot, experte reconnue en IA et présidente du conseil d’administration de l’ENS, et Guillaume Poupard, ancien directeur de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) et spécialiste de la cybersécurité .
Membres : il est composé de 17 membres issus de la recherche, de l’entreprise, de la société civile et du Parlement, choisis pour leurs compétences et leur expérience .
Secrétariat général : il est assuré par la Direction générale des entreprises (DGE), qui prend en charge ses frais de fonctionnement .
Missions principales
Informer et conseiller le Gouvernement : le CIANum éclaire les choix stratégiques de la France en matière de numérique et d’IA, et peut être consulté sur tout projet de disposition législative ou réglementaire .
Éclairer le débat public : il formule des avis et des recommandations en toute indépendance, et organise des consultations citoyennes (ex : grande consultation du 10 décembre 2025 au 12 janvier 2026) .
Contribuer aux positions européennes et internationales : il participe à l’élaboration de la stratégie française dans les instances européennes et internationales .
Mener des travaux prospectifs et thématiques : il peut se voir confier des missions de prospective, d’expertise, d’étude et de consultation .
Thématiques de travail
Le CIANum travaille sur des sujets variés et d’actualité, en lien avec les transformations numériques et l’IA :
Souveraineté technologique et numérique : réduction de la dépendance aux acteurs non-européens, promotion des communs numériques et de l’open source .
Intégrité de l’information et désinformation : lutte contre les manipulations, les bulles de filtres et les ingérences étrangères .
Encadrement juridique et éthique de l’IA : travaux sur l’IA agentique (en collaboration avec la CNIL), la protection des données personnelles, la transparence des algorithmes .
Éducation et culture : intégration de l’IA dans le système éducatif, formation des enseignants, protection des mineurs en ligne .
Urgence écologique : impact environnemental de l’IA et du numérique, sobriété numérique .
Travaux récents
Note sur l’IA agentique (2026) : une série de publications sur les impacts économiques et sociétaux de l’IA agentique, dont une note coécrite avec la CNIL sur la protection des données personnelles .
Commission « IA générative et vulnérabilités » (février 2026) : mission confiée par la ministre déléguée chargée de l’IA et du Numérique pour analyser les risques liés aux usages grand public de l’IA générative .
Rapport « Sortir de la clandestinité : mettre l’IA au service d’une nouvelle ambition pour le système éducatif » : réflexion sur l’usage de l’IA dans l’éducation et la formation des enseignants .
Contribution au rapport du Haut Conseil à l’Égalité (HCE) (2026) : état des lieux du sexisme en France et analyse de la menace masculiniste .
Budget et moyens
Le budget du CIANum s’élève à 86 000 €. Ses moyens sont limités, mais il peut s’appuyer sur le secrétariat de la DGE et sur des groupes de travail ouverts à des experts extérieurs.
Ce que le CIANum n’est pas
Ce n’est pas une autorité de régulation : il ne sanctionne pas et n’a pas de pouvoir de contrôle ou de décision exécutoire.
Ce n’est pas un organe législatif : il ne rédige pas de lois, mais formule des avis et des recommandations.
Ce n’est pas une instance fermée : il consulte régulièrement la société civile, les élus et les acteurs économiques, et organise des consultations citoyennes .
Analogie
Le CIANum, c’est comme un comité d’experts indépendants chargé de guider un capitaine de navire (le Gouvernement) dans des eaux inconnues (la révolution numérique et l’IA). Il ne prend pas la barre ni ne dirige le navire, mais il éclaire la route, alerte sur les récifs (les risques), et propose des itinéraires alternatifs (les recommandations) pour que le navire atteigne sa destination en toute sécurité, en tenant compte des courants (les enjeux européens et mondiaux) et de l’équipage (la société civile). Le capitaine est libre de suivre ou non ses conseils, mais il doit les écouter.
À retenir
Le CIANum est une instance consultative indépendante qui a succédé au CNNum en 2025 pour répondre aux défis de l’intelligence artificielle et du numérique. Il rassemble des experts de haut niveau pour éclairer les choix stratégiques de la France, nourrir le débat public et renforcer la souveraineté numérique européenne. Son rôle est essentiel pour anticiper les impacts des technologies sur la société, l’économie et les territoires, et pour proposer des voies de régulation et d’innovation responsables.