L’AX (Agent Experience), ou expérience de l’agent, désigne la discipline qui consiste à concevoir des produits, des services et des interfaces non plus seulement pour des utilisateurs humains, mais aussi pour des agents d’intelligence artificielle autonomes qui agissent en leur nom.
L’objectif est de rendre ces agents capables de découvrir, comprendre et utiliser un service de manière fiable, sans intervention humaine.
Pourquoi parle-t-on d’AX aujourd’hui ?
L’idée centrale est que l’IA agentique redessine le design d’interfaces en profondeur. Pendant des décennies, le design d’interface (UI) a consisté à créer des écrans, des menus et des boutons pour qu’un humain puisse cliquer et naviguer. Aujourd’hui, une part croissante des interactions ne vient plus d’un humain, mais d’un agent qui exécute des tâches pour lui.
Le terme AX a été proposé en 2025 par Mathias Biilmann, CEO de Netlify. Sa logique est simple : après l’UX (User Experience, pour les utilisateurs) et la DX (Developer Experience, pour les développeurs), l’AX devient la troisième grande catégorie d’expérience à concevoir, car les agents sont une nouvelle classe d’utilisateurs aux besoins très spécifiques.
Ce qui change concrètement dans le design
L’arrivée de l’AX déplace le centre de gravité du design :
- L’interface n’est plus le produit, l’agent l’est.
L’utilisateur ne navigue plus dans une interface : il exprime une intention (« Réserve-moi un vol »), et un agent exécute la tâche en arrière-plan. L’interface visible devient une couche de supervision, utilisée seulement pour vérifier, corriger ou reprendre la main. - On ne conçoit plus des écrans, mais des comportements.
Le design passe de la « conception d’interaction » à la « conception d’intention ». Il faut désormais concevoir : comment un agent interprète un objectif, quelles actions il peut entreprendre seul, et quand il doit s’arrêter pour demander une validation humaine. - La transparence devient une exigence de design.
Un agent qui agit de manière invisible peut générer de l’anxiété. Le design doit rendre visibles ses raisonnements (pourquoi il a choisi cette action), ses incertitudes (quand il n’est pas sûr), et offrir des mécanismes de contrôle (annuler, approuver, escalader).
Deux facettes complémentaires
Le terme AX recouvre en réalité deux réalités distinctes mais liées :
L’AX pour l’agent : rendre un site, une API ou un service lisible et utilisable par un agent (documentation machine, API claires, données structurées, messages d’erreur exploitables).
L’AX pour l’humain : concevoir l’expérience de la personne qui supervise l’agent (confiance, contrôle, transfert de responsabilité, réversibilité des actions).
En résumé
L’AX n’est pas un simple nouveau sigle. C’est la réponse à un changement fondamental : le logiciel n’est plus seulement utilisé par des humains, il est de plus en plus utilisé par des agents. Concevoir l’AX, c’est admettre que l’interface de demain ne sera peut-être plus un écran, mais un protocole de confiance entre un humain, son agent, et les services avec lesquels il interagit.